• Compte rendu action : Marseille Hebdo – La Provence

    Depuis plusieurs semaines, la presse nationale et régionale pointait du doigt la « fraude » des pauvres, truffant ses articles d’exemples tous plus accusateurs les uns que les autres. Au milieu de tous ces articles, Marseille Hebdo s’est distingué en faisait paraitre, le 27 avril 2010, un dossier de dix pages sur la fraude des pauvres.

     

    Vendredi 11 juin à 11H, nous sommes treize à nous déplacer au siège de La Provence (propriétaire de Marseille Hebdo), décidés à leur faire comprendre que ceux sur lesquels  ils tapent à longueur d’article ne sont pas si dociles qu’ils en ont l’air, et qu’ils n’ont pas l’intention d’être les boucs-émissaires d’une « crise » dont ils ne sont pas responsables.

     Nous entrons et demandons à parler à certaines personnes (notamment la journaliste qui a signé ce dossier et les rédacteurs en chef du journal) qu’on nous signale absentes. On veut aller voir les employés du journal pour leur faire part de notre révolte, mais la porte permettant d’accéder aux locaux de travail est verrouillée et nous sommes contraints d’attendre.

     

    Lorsqu’elle s’entrouvre, nous en profitons pour la garder ouverte et le petit groupe se dirige vers elle.

    Bousculades, chahut. Les vigiles sont fermement décidés à conserver la tranquillité des journaleux qui élaborent le torchon du lendemain en toute quiétude. Un de nous réussi à s’introduire dans les locaux et aura quelques minutes pour aller toquer au maximum de bureau en expliquant à la fois pourquoi on est là et ce qui est train de se passer à l’entrée. Des « responsables » lui mettent rapidement la main dessus, font cesser toute discussion avec le personnel (qui jusqu’ici n’avait exprimé aucune gêne) et le reconduisent à l’entrée.

     

    Entre temps, le ton est suffisamment monté à l’entrée pour que certains responsables daignent descendre, et que des employés viennent « voir ce qui se passe ».


    Nous exposons de manière virulente les raisons de notre venue à un directeur cravaté qui nous toise, nous méprise et nous demande de lui adresser nos doléances par écrit avant de se lever et de nous tourner le dos. Une pique est alors lancée vers lui « on vient, vous nous méprisez et vous n’avez même pas les couilles de nous répondre ! ». Il n’en fallait pas plus pour que ça dégénère à nouveau.

     

    Notre directeur bien habillé sort de sa réserve et menace du poing pendant que ses « collègues » le retiennent. S’ensuit une deuxième explication houleuse qui manque de très peu de partir en baston.


    Un calme relatif s’instaure, il y a deux groupes de discussion qui se forment et on arrive à échanger nos points de vue. A la condamnation de la stigmatisation des pauvres comme responsables des abus qui coulent les finances publiques, on nous répond liberté de la presse et impartialité. Nous ne manquons pas de souligner qu’ils ont une vision particulière de l’impartialité, vu qu’ils n’attaquent jamais la fraude des grandes fortunes et des entreprises dans leurs articles, et que leur « liberté » semble être largement limitée par des intérêts politico-financiers.

     

    À la sortie, le scotchage d’une affiche déclenche un ultime conflit qui laisse transparaitre toute la bêtise des personnes qui tentèrent de nous virer. Orgueil et machisme se conjuguant à la perfection pour donner naissance aux propos les plus bas qui soient.

     

    Bref, dialogue de sourd, mais le message est passé : tant que leurs torchons continueront à relayer la propagande anti-pauvre, ils s’exposeront à notre droit de réponse.

    On nous demande de prendre rendez-vous ? Puisque la presse ment tous les jours on s’octroie le statut d’invité permanent. On leur répondra donc de la manière dont ça nous plait, parce que ces journaleux n’ont aucun conseil à nous donner sur quoi faire ou comment faire.

     

    Télécharger « affiche presse.pdf »

     


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